La CDC met en avant l'investissement au féminin comme levier de transformation économique
À l'occasion de la 22ᵉ édition du Tunisia Investment Forum 2026 (TIF2026), organisée par FIPA-Tunisia, les principaux acteurs de l'écosystème de l'investissement se sont réunis pour échanger autour des enjeux économiques et des perspectives de développement. Véritable plateforme de dialogue économique, le TIF rassemble chaque année des décideurs publics, des investisseurs, des institutions financières internationales et des partenaires économiques afin de promouvoir l'investissement, l'innovation, la coopération régionale et le développement durable.
Dans ce cadre, le Conseil International des Femmes Entrepreneures (CIFE) a organisé une conférence-atelier intitulée « Women Leadership Dialogue : Du potentiel féminin à la transformation économique », visant à mettre en lumière le rôle des femmes dans la dynamique économique et les moyens de renforcer leur accès aux opportunités d'investissement, et dont la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a pris part aux échanges consacrés à l'investissement et à l'entrepreneuriat féminin.

Mme Nejia Gharbi, Directrice Générale de la CDC, est intervenue lors du premier panel consacré au thème « Investir au Féminin ». À cette occasion, elle a rappelé que l'investissement constitue aujourd'hui un levier majeur de création de valeur, d'innovation et de croissance, tout en soulignant la nécessité de renforcer la place des femmes dans les instances de décision économique et de favoriser leur accès aux opportunités d'investissement.
Au cours de son intervention, Mme Gharbi a présenté les missions de la Caisse des Dépôts et Consignations ainsi que son rôle d'investisseur public de référence au service du développement économique durable en Tunisie. Elle a également insisté sur l'importance stratégique de l'entrepreneuriat comme moteur de création de valeur et d'emplois.
S'appuyant sur plusieurs indicateurs, Mme Gharbi a rappelé que la Tunisie se classe deuxième au monde en nombre de diplômés STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) rapporté à la population, dont 58 % sont des femmes. Plus largement, 68 % des diplômés de l'enseignement supérieur sont des femmes, illustrant le potentiel considérable dont dispose le pays en matière de capital humain féminin.
Elle a toutefois souligné le contraste entre ce potentiel et la réalité entrepreneuriale. Si les femmes sont majoritaires parmi les diplômés de l'enseignement supérieur, notamment dans les filières de la santé, des services et d'autres domaines, elles demeurent encore sous-représentées parmi les créateurs d'entreprises. Selon Mme Gharbi, cet écart entre le niveau de qualification des femmes et leur représentation dans l'entrepreneuriat constitue un défi majeur pour l'économie tunisienne.
Mme Gharbi a expliqué que le rôle de la CDC consiste précisément à contribuer à transformer ce potentiel en création d'entreprises et en création de valeur. En tant qu'investisseur public engagé en faveur d'un développement durable et responsable, la CDC place les femmes au cœur de son action en veillant à intégrer la dimension genre dans l'ensemble de ses programmes et interventions.

Elle a également souligné que cette orientation est pleinement inscrite dans la stratégie de la CDC. À travers sa politique genre, l'institution accorde une attention particulière aux entreprises créées ou dirigées par des femmes et développe des dispositifs visant à encourager leur accès au financement, à l'investissement et à l'accompagnement entrepreneurial.
Enfin, Mme Gharbi a affirmé que les projets portés par des femmes démontrent un fort potentiel de création de valeur et représentent un levier essentiel d'innovation, de compétitivité et de développement durable. Elle a conclu en rappelant que le renforcement de l'entrepreneuriat féminin constitue un enjeu stratégique pour une croissance plus inclusive et une économie tunisienne plus résiliente.